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Autorisation environnementale ICPE : cadrer études et instruction

Mis à jour le 01/10/2026. Rédaction Rubrique.

Installations industrielles et abords vus depuis l’extérieur.
Abords et clôture d’une installation industrielle.

Champ de l’autorisation environnementale

Les installations qui présentent de graves dangers ou inconvénients pour les intérêts de l’article L511-1 relèvent de l’autorisation (article L512-1) ; leurs rubriques portent la lettre A dans la nomenclature. Depuis le 1er mars 2017, cette autorisation est délivrée sous la forme de l’autorisation environnementale (articles L181-1 et suivants), qui couvre aussi les installations, ouvrages, travaux et activités relevant de la loi sur l’eau et certains projets soumis à évaluation environnementale.

L’autorisation inclut les équipements, installations et activités du projet que leur connexité rend nécessaires ou dont la proximité est de nature à modifier notablement les dangers ou inconvénients (dernier alinéa de l’article L181-1). Elle tient lieu de plusieurs autres décisions lorsque le projet les requiert, par exemple l’autorisation d’émission de gaz à effet de serre ou une dérogation relative aux espèces protégées. L’inventaire de ces procédures embarquées fait partie du cadrage.

Contenu du dossier

L’article R181-13 fixe le socle commun du dossier :

  • identité du demandeur (SIRET, forme juridique, qualité du signataire pour une personne morale) ;
  • lieu du projet et plan de situation au 1/25 000 ou, à défaut, au 1/50 000 ;
  • document attestant la maîtrise foncière ou la procédure en cours pour l’obtenir ;
  • description de la nature et du volume de l’activité, des procédés et des rubriques de nomenclature ;
  • étude d’impact si le projet est soumis à évaluation environnementale, sinon étude d’incidence environnementale ;
  • le cas échéant, la décision de dispense prise après examen au cas par cas ;
  • éléments graphiques, plans ou cartes utiles ;
  • note de présentation non technique ;
  • justificatif du dépôt de la demande d’autorisation d’urbanisme lorsqu’elle a déjà été déposée ;
  • mention des autres autorisations ou déclarations nécessaires qui exigent une enquête publique non encore tenue.

S’y ajoutent des pièces propres aux ICPE (article D181-15-2 et suivants), dont l’étude de dangers. La complétude s’apprécie au regard des articles R181-13 à D181-15-12 selon la nature du projet.

Procédure depuis le 22 octobre 2024

La loi du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte et le décret n° 2024-742 du 6 juillet 2024 ont modifié la procédure pour les dossiers déposés à partir du 22 octobre 2024. Le dossier se dépose sur le guichet unique numérique de l’environnement, accessible depuis Entreprendre.Service-Public.fr, ou au guichet départemental. Une phase amont d’échanges avec le service instructeur reste facultative mais recommandée.

Le service vérifie d’abord la complétude et la régularité ; aucun délai réglementaire n’encadre cette étape, et la procédure reste en attente tant que les compléments demandés ne sont pas fournis. Vient ensuite une phase unique d’examen et de consultation : l’instruction par les services, les avis obligatoires, la consultation des collectivités et la participation du public sont menés en même temps. Selon le guide de la DRIEAT, la modalité par défaut est une consultation parallélisée de 3 mois pilotée par un commissaire enquêteur, avec une réunion publique d’ouverture dans les 15 premiers jours et une réunion de clôture dans les 15 derniers, suivie de 3 semaines pour le rapport. Le site internet de la consultation est à la charge du pétitionnaire.

Le dossier peut être rejeté à l’issue de cette phase, notamment en cas d’incompatibilité avec les documents d’urbanisme ou d’avis conforme défavorable. La phase de décision dure ensuite 2 mois, portés à 3 mois si le CODERST ou la CDNPS est consulté ; le pétitionnaire dispose de 15 jours pour présenter ses observations sur le projet d’arrêté. Les dossiers déposés avant le 22 octobre 2024 restent soumis à l’ancienne procédure.

Pièces à réunir et vérifications de cohérence

Description stabilisée du projet et de ses variantes

Figez une version de référence du projet, avec ses capacités et ses options. Les variantes examinées doivent être identifiées pour qu’aucune étude spécialisée ne travaille sur une configuration abandonnée. Si le projet change, le pilote liste les annexes, notes et calculs touchés avant de poursuivre.

Études disponibles et données nouvelles

Classez les études existantes par périmètre et par date. Un état initial ancien peut servir de point de départ, mais les inventaires naturalistes, les mesures de bruit ou les campagnes de rejets doivent souvent être actualisés. Le calendrier de collecte se construit à partir de ces dépendances, en tenant compte des saisons pour les inventaires.

Plans, bilan des rejets et maîtrise des risques

Plans, rejets et scénarios de l’étude de dangers doivent décrire la même configuration industrielle. Un bilan matière ou une capacité différente entre deux pièces appelle une correction avant dépôt. Les mesures de maîtrise des risques citées doivent exister ou figurer explicitement au projet.

Autres démarches et échanges préalables

Recensez le permis de construire, les autorisations embarquées, la maîtrise foncière et les échanges déjà engagés avec les services. Notez les questions posées, les réponses écrites reçues et les points ouverts ; une orientation orale non documentée reste identifiée comme telle.

Ce que le devis doit préciser

Demandez un découpage par lots : cadrage et phase amont, étude d’impact ou d’incidence, étude de dangers, rédaction et assemblage du dossier, organisation de la consultation du public (site internet, réunions), réponses aux avis et aux observations, relecture du projet d’arrêté. Pour chaque lot : livrable, données attendues de l’exploitant, sous-traitants éventuels et hypothèses de prix.

Les jalons du bureau d’études (remise des études, dépôt) peuvent être contractuels ; la durée d’instruction ne l’est pas, puisque la phase de complétude n’a pas de délai réglementaire. Faites préciser qui tient le registre des hypothèses et qui valide chaque changement de version du projet.

Cas type : la capacité de production évolue pendant l’étude des rejets. Le pilote identifie les calculs touchés (rejets, bruit, trafic, scénarios de dangers), actualise les plans et fait valider la nouvelle version par l’exploitant avant de reprendre la rédaction.

Questions fréquentes

Qui valide les données industrielles ?

L’exploitant organise leur validation interne. Le prestataire contrôle leur cohérence et signale les lacunes, mais ne peut inventer une capacité ou une condition d’exploitation.

Toutes les études sont-elles obligatoires ?

Le socle est fixé par l’article R181-13 : étude d’impact si le projet est soumis à évaluation environnementale, sinon étude d’incidence. Pour une ICPE, l’étude de dangers s’ajoute. Les autres études dépendent du projet et des procédures embarquées.

Combien de temps dure la consultation du public ?

Pour les dossiers déposés depuis le 22 octobre 2024, la modalité par défaut est une consultation parallélisée de 3 mois, suivie de 3 semaines pour le rapport du commissaire enquêteur. Une enquête publique unique s’applique dans certains cas, par exemple avec une déclaration d’utilité publique.

Sources officielles

Dernière vérification des sources : 1er octobre 2026.

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