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Changement d’exploitant ICPE : vérifier les démarches et passifs
Mis à jour le 01/10/2026. Rédaction Rubrique.

Quelle démarche selon le régime
Le changement d’exploitant vise la personne, physique ou morale, qui exploite l’installation : cession de fonds, apport partiel d’actif ou location-gérance peuvent le déclencher. La démarche dépend du régime et, pour certaines installations, doit précéder le transfert.
| Situation | Démarche | Délai | Texte |
|---|---|---|---|
| Enregistrement ou déclaration | Déclaration du nouvel exploitant au préfet ; justificatif du dernier contrôle périodique pour les installations DC ; récépissé délivré | Dans le mois qui suit la prise en charge de l’exploitation | R512-68 |
| Autorisation environnementale | Déclaration du transfert par le nouveau bénéficiaire ; accusé de réception du préfet sous un mois | Dans les trois mois qui suivent le transfert | R181-47 |
| Établissement Seveso (L515-32) | Information du préfet avec les capacités techniques et financières du repreneur ; opposition motivée possible sous deux mois | Avant le transfert | R181-47 IV |
| Installations à garanties financières de l’article R516-1 | Autorisation préfectorale du changement d’exploitant | Avant le transfert ; décision sous trois mois | R516-1 |
La déclaration identifie le nouvel exploitant : nom, prénoms et domicile pour une personne physique ; dénomination, forme juridique, adresse du siège et qualité du signataire pour une personne morale. Pour un établissement Seveso, un simple changement de nom, de raison sociale ou d’adresse du siège est aussi signalé au préfet au préalable.
Cas de l’autorisation préalable
L’article R516-1 vise les installations de stockage de déchets non inertes, les carrières, les établissements listés à l’article L515-36 (Seveso seuil haut) et les sites de stockage géologique de CO2. La demande comprend les documents établissant les capacités techniques et financières du nouvel exploitant et la constitution de ses garanties financières. Sans réponse dans les trois mois, le silence vaut autorisation pour les stockages de déchets et les carrières, et refus pour les deux autres catégories. La date de signature de la cession doit donc être calée sur ce calendrier.
Ce que la reprise ne change pas
Les prescriptions attachées à l’installation (arrêté d’autorisation ou d’enregistrement, arrêtés complémentaires, prescriptions générales de la rubrique) s’appliquent au nouvel exploitant. Une mise en demeure en cours, une échéance de travaux ou un programme de surveillance se transmettent avec le site. L’obligation de remise en état à la cessation pèse en principe sur le dernier exploitant : le passif environnemental se négocie entre cédant et repreneur (garantie de passif, séquestre), ce qui justifie d’associer un juriste à l’audit technique.
Audit avant reprise : points à vérifier
- Tous les actes successifs : arrêté initial, arrêtés complémentaires, récépissés, preuves de dépôt des modifications. Géorisques publie les actes et les rapports d’inspection de nombreuses installations.
- Concordance entre les rubriques et capacités autorisées et la réalité : volumes stockés, puissances installées, quantités de substances dangereuses.
- Rapports d’inspection, mises en demeure, sanctions et preuves de levée des écarts.
- Rapports de contrôle périodique des installations DC et suivi des non-conformités majeures.
- Données d’autosurveillance des rejets, dépassements et actions correctives.
- Garanties financières éventuelles : montant, acte de cautionnement, échéance.
- Historique des sols, cuves enterrées, incidents et études disponibles.
Organiser le transfert
Programmez la déclaration dès la date de prise en charge prévue à l’acte. Transférez les habilitations des téléservices (déclarations en ligne, transmission de l’autosurveillance, déclaration annuelle des émissions) selon la procédure de chaque outil, jamais par un formulaire public. Désignez chez le repreneur un référent environnement connu de l’inspection et récupérez l’archive complète du site : plans, rapports, registres, correspondances avec l’administration.
Le livrable attendu d’un prestataire : tableau des actes et prescriptions, liste des écarts classés par gravité, pièces manquantes, projet de déclaration ou de demande d’autorisation, et points à traiter dans le contrat de cession.
Questions fréquentes
Quel délai pour déclarer un changement d’exploitant ICPE ?
Un mois après la prise en charge de l’exploitation pour une installation soumise à enregistrement ou à déclaration (R512-68), trois mois après le transfert pour une autorisation environnementale (R181-47). Certaines installations exigent une démarche avant le transfert.
Quelles installations demandent une autorisation préalable ?
Celles soumises à garanties financières au titre de l’article R516-1 : stockages de déchets non inertes, carrières, établissements listés à l’article L515-36 et stockages géologiques de CO2. Le préfet se prononce dans un délai de trois mois.
Le changement modifie-t-il les prescriptions ?
Non. Les arrêtés et prescriptions générales applicables à l’installation s’imposent au nouvel exploitant, y compris les échéances et mises en demeure en cours.
Sources officielles
Dernière vérification des sources : 1er octobre 2026.
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